SEMAINE SAINTE AVEC LE SUPÉRIEUR




Le supérieur Général avec le P. Franck AGBOWAI
Quelle grâce pour la vice province de l'Afrique! Le supérieur Général, le Très révérend Père Jean Michel AMOURIAUX est en visite canonique par chez nous! Après le Kénya et la Côte d'Ivoire, le voici au Bénin où il visite les confrères non seulement pour la consultation en vue de la nomination du prochain supérieur vice provincial, mais aussi et surtout pour s'imprégner des réalités concrètes de chacune des communautés de la vice province. Quelle grâce! La visite de notre supérieur Général se déroule dans un temps liturgique fort qu'est le Carême et en coïncide avec le sommet: le semaine sainte.
Il n'est pas superflux de savoir que la dernière semaine du Carême est celle charnière qui relie le temps du Carême au Triduum pascal. Elle est appelée « Semaine sainte » ou « Grande semaine »1 car cette semaine est née du besoin de faire mémoire des événements de la passion du Seigneur. Il faut remarquer que c’est à Jérusalem que s’est développée une riche liturgie qui couvre toute la période allant du dimanche des Rameaux jusqu’à Pâques. La sœur Egérie, en a fait une description dans son Itinéraire[1], à l’issue de son pèlerinage à Jérusalem vers la fin du IVe siècle. Nous pouvons comprendre que la célébration de la semaine sainte nous vient de l’Orient, à Jérusalem.
P. Jean Michel Amouriaux
Ensuite, à l’imitation de Jérusalem, la liturgie occiden­tale a organisé des célébrations particulières qui ont constitué finalement la semaine sainte. Si la reconsti­tution anecdotique de la passion a permis de donner toute sa valeur à chaque épisode évangélique, elle a aussi pour effet de compromettre l’unité du mystère pascal. Ainsi l’appellation « semaine douloureuse » pour désigner la Semaine sainte au Moyen Age, devait sa raison d’être au fait que la passion était plus drama­tisée que célébrée in mysterio, en tant que mystère du salut. En effet, on mettait en évidence la souffrance et la compassion au détriment du salut et de la victoire sur la mort, apportée par la résurrection. Il faut attendre la réforme du Concile du Vatican II pour que soit mise en exergue l’unicité de cette semaine. Au regard de la re­ligiosité populaire doloriste et des sensibleries de cer­tains pasteurs et fidèles, il serait aujourd’hui important que l’on prenne garde afin de ne pas perdre à nouveau ce qui fait l’unité de cette semaine. La semaine sainte est donc composée de célébrations qui mettent fin au Carême : la fête des Rameaux, la Messe Chrismale et la Messe in Coena Domini d’une part, et le Triduum pascal, d’autre part.


P. Saturnin Anani LAWSON, cjm.



[1] Cf. EGERIE, Journal de voyage, SC 296, Cerf, Paris, 1982, p. 257 ss in A. BERGAMINI, Carême, in DEL, p. 146 ; Aux environs de l’an­née 381, une nonne appelée Egérie fait le voyage difficile de la côte atlantique de l’Espagne vers le Moyen-Orient. Elle a écrit le récit de son pèlerinage dans un livre de voyages, décrivant la façon dont elle a été accueillie dans les grandes villes chrétiennes syriennes telle qu’Édesse par l’évêque qui s’étonnait de voir comment sa foi l’avait amenée «droit de l’autre bout de la terre». Le point culminant de son voyage a été les lieux sanctifiés par la vie du Christ, et en particulier les lieux saints de Jérusalem et de Bethléem. Elle a soigneusement noté comment les chrétiens vivaient leur foi en église et en particulier la liturgie de la Semaine Sainte et Pâques. Cette description ancienne servira de modèle pour les liturgies, du dimanche des Rameaux, le Jeudi saint, Vendredi saint et Pâques.